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{   Brin de sagesse   }

JIM CUDDY

MUSICIEN, COMPOSITEUR, Blue Rodeo

Blue Rodeo fête cette année son 25e anniversaire. Les compositeurs-interprètes et guitaristes Jim Cuddy et Greg Keelor, fondateurs de ce groupe rock qui a su s’enraciner profondément dans l’âme canadienne, écrivent ensemble depuis plus de 30 ans. Huit albums platine et 27 nominations aux Juno (dont 10 victoires) ne sont, selon Jim Cuddy, qu’un incident de parcours dans la carrière de Blue Rodeo, dont le véritable mérite est d’avoir survécu 25 ans.

« Que deux personnes aussi différentes que nous demeurent ensemble aussi longtemps tient du prodige », commente Cuddy, âgé de 53 ans. « Des tensions se créent du seul fait que nous soyons en concurrence pour écrire et que nous ayons à subir la fatigue de nos tournées. Il nous a fallu sans cesse négocier, mais nous avons réussi. Voilà notre plus belle victoire. »

Modestie typiquement canadienne, car Cuddy est le prototype même de l’idole canadienne : mari fidèle depuis plus de vingt ans, père de trois enfants, hockeyeur du dimanche, modeste, joyeux, toujours lui-même après toutes ces années de gloire.

« Le meilleur groupe américain de l’année est sans doute canadien », titrait en 1987 le magazine Rolling Stone, mais Blue Rodeo, malgré ses débuts prometteurs, n’a jamais vraiment conquis les États-Unis. Cuddy a ses idées là-dessus (« Aux États-Unis, il faut être capable de se vendre en moins de 20 secondes et nous en sommes bien incapables ») et, de toute manière, cela nous a permis de bénéficier plus souvent de la présence de Blue Rodeo. Le groupe a joué jusque dans les moindres recoins du pays et les voyages ont bien formé Cuddy.

« Nous avons largement dépassé l’étape où nous cherchions notre identité canadienne, remarque-t-il. Rien, dans ce pays, n’empêche un habitant d’Halifax de vibrer à l’unisson d’un Britanno-Colombien. Notre vision de l’univers est loin d’être étriquée. J’ai beaucoup d’admiration pour la conscience canadienne. »

Ce sentiment est partagé. Blue Rodeo est devenu la musique de fond du Canada – on connaît par cœur ses chansons, on les joue aux noces et aux funérailles, on les fredonne autour du feu de camp. « Lorsque Greg entonne “Hasn’t Hit Me Yet”, commente Cuddy, partout au Canada l’auditoire enchaîne avec lui. Je trouve cela très émouvant! »

Cela vous surprendra peut-être (pour quelqu’un qui subit depuis plus d’un quart de siècle les assauts amoureux de la gent féminine), mais c’est la première fois que Jim Cuddy joue les mannequins. Il a adoré ça. « Après avoir vécu presque toute ma vie loin de l’orbite de la mode, voilà que je m’y intéresse, avoue-t-il. Je suis toujours un gars à jeans, mais je possède maintenant un nombre impressionnant de chemises. Depuis peu, ce sont les chaussures : j’adore les chaussures. »

Tout pan-canadien qu’il soit, Jim demeure très attaché à sa ville natale. « Harry Rosen est une véritable institution à Toronto, affirme-t-il. Mes fils ont aujourd’hui 22 et 18 ans et il leur faut chacun un bon complet. Voilà pourquoi je les ai emmenés chez Harry Rosen. Ce sera en quelque sorte leur initiation. »
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