
Un homme sachant parfaitement bien se comporter est devenu une rareté de nos jours. Voici donc ce qu'on attend de vous lorsque vous prenez la parole en public. par DAVID HAMILTON
À l'occasion du mariage d'un ami, de la retraite d'un collègue ou d'un anniversaire, on pourrait vous demander d'agir en tant que maître de cérémonie, d'animer la soirée ou de passer au gril la personne ainsi honorée. Il s'agit de la tradition séculaire de la mise en boîte mise à jour au siècle dernier par Dean Martin et ses acolytes. Il y a toutefois certaines règles à observer pour sauvegarder votre réputation et maîtriser la situation avec doigté.
Règle no 1 : surveiller son !*#@&! langage.
Rappeler-vous que la salle peut être constituée de gens de tout âge ayant des valeurs morales fort différentes. Alors, pensez à ce que vous allez dire et essayez d'être spirituel de préférence à grossier. Quant aux histoires osées, rappelez-vous que les allusions et les sous-entendus font de meilleures plaisanteries que les descriptions explicites. La soirée sera beaucoup plus amusante si personne ne tombe en état de choc.
Règle no 2 : les remarques sur les petites amies et les épouses sont INTERDITES.
Rien n'en révèle plus sur le caractère (ou l'absence de caractère) d'un homme que son choix d'âme sœur. Mais, hélas, ces dames ne doivent jamais être victimes de vos salves assassines. Elles exercent une trop grande influence sur nos vies pour que l'on risque de les offenser - surtout si vous jouez au hockey avec le mis en boîte tous les lundis soir.
Règle no 3 : On peut attaquer les anciennes flammes seulement si l'on est absolument certain qu'elles ne se réanimeront pas.
Dans le cadre d'un bien cuit, médire sur une ancienne flamme a autant de portée que de déposer une preuve médico-légale au tribunal. Il n'y a rien de plus dénigrant que de braquer les projecteurs sur le défilé d'inadaptées qui ont gardé le mis en boîte à la maison les lundis soir pour qu'il ne manque aucun épisode de Rumeurs. Cette troisième règle est fondamentale. S'il y a ne serait-ce qu'une infime chance qu'il renoue avec la femme à barbe, gardez vos farces sur Fidel et le capitaine Haddock pour vous-même.
Règle no 4 : il n'y a pas de date limite de conservation pour les niaiseries.
Le souvenir vague et confus d'un événement qui s'est produit dans une pièce faiblement éclairée constitue la matière première des légendes qui courent parmi les hommes. Tout comme dans l'histoire du poisson qui s'est échappé, plus vous remontez dans le passé, plus il vous est permis d'enjoliver. Fouillez aussi loin dans le temps et frappez aussi bas au-dessous de la ceinture que vous le souhaitez. En déterrant un moment embarrassant avec une bonne dose de légèreté, vous transformerez vos deux personnages en héros.
Règle no 5 : « Dites-le avec le sourire. »
Cette réplique qui semble tirée d'un vieux western s'avère particulièrement pertinente. Vous pouvez lui infliger tout genre d'insultes et répandre tous les racontars et commérages que vous voulez en autant que ce soit fait pour s'amuser. Un bien cuit n'est pas l'occasion de prêcher pour sa paroisse - même si le tapis souillé était le vôtre.
Règle no 6 : comprendre quand il dit « pardon mononcle ».
Il y a quelque chose qui apparaît dans le regard d'un homme quand il en a assez. Un bon ami s'en rendra immédiatement compte et comprendra que vient de se dresser une ligne qui ne doit pas être franchie. La soirée est alors rendue à un point où un vrai gentleman cesse de faire griller sa victime pour porter un toast en son honneur.
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