{ Brin de sagesse }
La nouvelle confiance : Bryan Watts, le spécialiste
Président et chef de la direction, Klohn Crippen Berger
Bryan Watts, le président et chef de la direction de la firme Klohn Crippen Berger, considère l'environnement comme une responsabilité partagée et comme une bonne occasion d'affaires pour son entreprise. « Réduire l'impact environnemental de l'extraction des sables bitumineux est un défi pour l'industrie minière, déclare-t-il. Nous croyons que l'expérience en fermeture de mine que nous avons acquise à l'échelle mondiale peut rehausser le débat ».
En compagnie de Monsieur Watts, nous avons parlé des affaires, de l'économie et des défis environnementaux que nous devons relever quant aux sables bitumineux de l'Alberta.
Comment vont les affaires ?Les affaires vont plutôt bien. Il semble que nous tenons le coup.
Pouvez-vous me parler de votre entreprise ?Nous sommes une firme de consultation en ingénierie axée sur l'environnement. Nous concevons des ponts, des barrages, des tunnels et ainsi de suite. Nous analysons également l'impact environnemental de chacun de ces projets.
Y a-t-il un projet en cours qui vous passionne et dont vous êtes particulièrement fier ?J'ai tendance à être fier de tous nos projets. Mais il y en a deux auxquels je prête beaucoup d'attention en ce moment. Il s'agit de l'aspect ingénierie de la reconstruction du Oakland Bay Bridge et, bien sûr, de la conception d'une installation de retenue des résidus d'une nouvelle mine dans le sud des Philippines.
La rétention des résidus a fait couler beaucoup d'encre à propos de votre entreprise. De quoi s'agit-t-il ?Pour exploiter les sables bitumineux, il faut puiser du sable saturé de bitume et l'emporter à une usine d'extraction. Nous concevons les structures où l'on entrepose le sable dont on a extrait les hydrocarbures. Si vous regardez sur Google Earth, vous verrez la mine, l'usine d'extraction, puis de gigantesques structures blanches. Ce sont ces dernières que nous fabriquons.
Ces résidus constituent un sujet controversé, n'est-ce pas ?C'est un enjeu majeur au Canada. On a parlé des sables bitumineux dans la presse et l'opinion publique n'y est pas tellement favorable. Toutefois, l'industrie met beaucoup d'énergie pour tenter de résoudre cette question. Au Canada, nous pouvons être fiers de nos réalisations concernant les sables bitumineux et le respect de l'environnement.
Pouvez-vous être plus précis ?Les solutions et les mesures déjà en place sont sensées et valables à très long terme. Toutefois, la prochaine tâche sera de supprimer le besoin des bassins à résidus qui sont essentiellement remplis de l'eau qui a servi au processus d'extraction. En ce moment, on entrepose cette eau plutôt que de la déverser dans l'environnement. On aura remporté la victoire quand on réussira à procéder au craquage par " fermeture à sec ". Ces bassins de résidus ne seront alors plus nécessaires.
Je comprends que vous collaborez avec certaines sociétés minières pour relever ce genre de défis, mais cet effort est-il déployé à l'échelle de toute l'industrie ?L'université de l'Alberta possède un centre de recherche sur les sables bitumineux et il s'y fait de l'excellent travail. Toutes les firmes de consultation ainsi que toutes les grandes pétrolières contribuent et participent à ces recherches. D'ailleurs, lors de la prochaine conférence sur les résidus de sable bitumineux qui se tiendra à Banff au début novembre, des centaines de personnes présenteront des articles spécialisés, puis ils en discuteront en séance plénière.
Quel type d'ambiance règne à une conférence semblable ?Les ingénieurs et les scientifiques deviennent vite passionnés quand ils sont placés devant la perspective de résoudre de tels problèmes techniques. On peut s'exprimer librement à cette conférence, un peu comme dans l'industrie des logiciels. N'importe qui peut y assister, toute l'information est publiée et le débat est public. Il arrive que l'ambiance soit à la blague !
Pour remercier Monsieur Watts de sa participation, un don a été fait en son nom à Centraide. Il porte ici des vêtements Canali. Sa conseillère vestimentaire est Irina Kremleva de notre magasin du Oakridge Centre.