
Roger L. Martin est le doyen de l’École de gestion Rotman de l’Université de Toronto...
Originaire de Wallenstein en Ontario, M. Martin a été administrateur de Monitor Company, un cabinet-conseil en stratégie internationale établi à Cambridge au Massachusetts. Durant ses 13 années à Monitor, il a été président du conseil d’administration et fondateur de la Monitor University, le volet éducatif de l’entreprise, et coprésident du cabinet pendant deux ans. Il a également ouvert un bureau de Monitor au Canada.
En 2004, Roger Martin a reçu le Marshall McLuhan Visionary Leadership Award. En 2007, il a figuré sur la liste des « B-School All-Stars » du magazine Business Week à titre d’un des dix professeurs de gestion les plus influents du monde, en compagnie notamment de Michael Porter et Clay Christensen.
Monsieur Martin a pris le temps de nous rencontrer pour nous dire ce qu’il pense de la réorientation de carrière, de la faculté de reconnaître les bonnes occasions et de la confiance en soi.
Sur la confiance…
Dans le milieu des affaires, il faut de l’assurance. Toutefois, elle peut prendre différentes formes. Pensez à la confiance inspirée par Richard Branson, elle diffère passablement de celle qu’affiche, par exemple, Donald Trump.
Sur la réorientation…
J’ai été consultant en stratégie des affaires durant 17 ans. Puis, j’ai décidé d’accepter l’offre de Robert Prichard de diriger l’école de gestion commerciale de l’Université de Toronto. C’est un processus d’apprentissage continu qui mène, à certains égards, à de toutes nouvelles responsabilités qui diffèrent totalement de celles que j’assumais auparavant. Je me considère comme un consultant en stratégie en voie de guérison qui suis une formation pour devenir un universitaire.
Sur le fait de cultiver son style…
Je dis à mes étudiants du programme MBA qu’il est avantageux d’avoir un style qui leur est propre. Je crois qu’il est important de se vêtir d’une façon qui correspond à ce que l’on est. Les gens se rendent compte intuitivement si l’on est confortable dans les vêtements que l’on porte ou si l’on essaie de ressembler à quelqu’un que l’on n’est pas. Ce n’est pas une bonne idée de porter un complet trois pièces si l’on est mal à l’aise avec les conventions. Harry Rosen est venu à l’école à quelques reprises pour s’adresser à nos étudiants et l’essentiel de son message est très rafraîchissant. Il présente quantité de tenues, de très recherchées à plutôt décontractées. Il fait aussi comprendre qu’il ne faut pas s’habiller trop chic si l’on ne s’y reconnaît pas. Il importe cependant de faire preuve de jugement.
Sur une approche créative de la résolution de problème…
En effectuant des recherches pour l’écriture de mon livre The Opposable Mind, j’ai interrogé des dirigeants d’entreprise de haut niveau sur leur processus décisionnel. Il s’avère qu’ils partagent tous une même caractéristique. Quand ils doivent choisir entre x et y, dans une situation où aucun de ces deux choix n’est particulièrement souhaitable, ils prennent le temps de trouver une meilleure solution. En règle générale, cette solution reprend des éléments compris dans x et y, mais ce n’est pas un compromis – c’est une nette amélioration. La plupart des dirigeants affirment que leur travail consiste à effectuer des choix difficiles. Je ne suis pas de cet avis. Le travail d’un grand dirigeant consiste à refuser de faire des choix difficiles – et pour y arriver, il faut être très confiant.
Sur les corrections boursières…
Une entreprise qui diminuerait trop d’ardeur en ce moment pourrait rater une belle occasion. En visant prudemment la croissance, une entreprise astucieuse peut gagner des parts de marché qui seraient plus difficiles à obtenir quand tout va bien. Dans un marché haussier, quand la demande dépasse l’offre, le marché se gonfle. Par exemple, quand tout le monde achetait de la fibre optique OC192 comme s’il souhait en couvrir la planète, toute soi-disant firme de technogénie pouvait y participer. Maintenant que plusieurs marchés se contractent, bon nombre de ces aventuriers s’essoufflent. Mais ces marchés reprendront de la vitalité. Et les entreprises qui auront tenu le coup en auront acquis des parts. Le temps est favorable pour les entreprises solides et futées.
Sur la façon de garder la tête hors de l’eau…
Dans un climat économique comme celui-ci, il importe au plus haut point de conserver sa force intérieure et sa confiance en soi. Ce n’est ni de la bravade ni de la frime. C’est faire preuve d’aplomb et cela permet de ne pas perdre son sang-froid. Ainsi, si l’économie vous ébranle, vous pourrez vous relever car vous aurez acquis la résistance au choc nécessaire pour vous débrouiller dans ce marché et durer jusqu’à ce que la conjoncture ait changé.
Pour remercier Monsieur Martin de sa participation à cette publicité, un don a été fait en son nom à la SickKids Foundation. Il porte ici des vêtements signés Ermenegildo Zegna. Son conseiller vestimentaire est Carlo Di Giuliantonio de notre magasin de la rue Bloor à Toronto.
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