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{   Brin de sagesse   }

La nouvelle confiance : Rupert Duchesne, le pilote

Président et chef de la direction de Groupe Aeroplan

Rupert Duchesne est le président et chef de la direction de Groupe Aeroplan, un chef de file mondial de la gestion de la fidélisation. Ancien fervent de course automobile, il voit une analogie entre les affaires et le volant. « Piloter une voiture de course fait appel à l'intellect pour maintenir l'équilibre entre le courage et la capacité de la machine, dit-il. C'est comme la concurrence en affaires. Il faut courir assez de risques pour obtenir des résultats, sans toutefois mettre l'entreprise en péril. »

En compagnie de Monsieur Duchesne, nous avons parlé des affaires, des anciennes voitures de course et de la conquête du monde.

J'ai lu votre C.V. et je dois vous poser cette question : que fait Rupert Duchesne pour gagner sa vie ?
Je dirais que je résous des problèmes. Si je m'attarde au succès que j'ai obtenu, c'était des situations où il y avait quelque chose à réparer ou à créer. J'imagine le purgatoire comme un travail où j'aurais à diriger une entreprise qui va déjà très bien, mais qui n'a aucune perspective de croissance.

Vous avez un baccalauréat en pharmacologie. Comment cela vous a-t-il mené aux affaires ?
J'ai étudié les sciences sans trop de peine parce que mon père croyait que c'était ce que je devais faire. Il m'a inculqué une discipline en ce qui a trait aux chiffres et à la méthodologie que je n'aurais jamais eue si j'avais étudié en art. Curieusement, je crois que je me suis adonné aux affaires en les considérant comme un exutoire créatif.

Cette discipline définit-elle votre style de leadership ?
Je dirais la rigueur intellectuelle. Peu m'importe qui a la bonne réponse. Mais j'exige une bonne réponse qui s'appuie sur du solide ou sur une bonne série de chiffres.

Tout comme Aéroplan, vous venez d'Air Canada, est-ce correct de dire cela ?
En effet. Les gens me demandent souvent si je regrette d'avoir joint Air Canada en 1996, étant donné tout ce qui est arrivé à l'entreprise au cours des dix années suivantes. Ma réponse est « pas du tout », car j'en ai appris beaucoup en relevant tous ces défis.

Aéroplan est devenue une entreprise distincte, n'est-ce pas ?
Oui, elle est maintenant entièrement détenue par le public. Nous sommes très actifs au Royaume-Uni, à Dubaï et nous sommes sur le point de lancer un programme de coalition en Italie. Nous nous voyons maintenant comme des spécialistes en fidélisation et non plus comme le programme pour grands voyageurs qui a été mis sur pied par Air Canada.

Était-ce un choix stratégique pour l'entreprise de prendre cette trajectoire ?
Absolument, c'était un choix délibéré. Nous avions l'impression que nous étions meilleurs que quiconque dans ce domaine et nous entrevoyions une belle occasion d'exporter nos compétences à l'échelle mondiale. Depuis ce temps, nous avons rapporté beaucoup de connaissances au Canada en provenance du Moyen-Orient et du Royaume-Uni. C'est donnant donnant.

Aéroplan, Bombardier, le Cirque du soleil... On dirait que la plupart de ces succès mondiaux ont leur origine à Montréal.
Montréal a toujours été une ville internationale. Mais j'ajouterais qu'elle est devenue le creuset de l'innovation au pays. Le fait que les trois-quarts des habitants de la province parlent français les rapproche intrinsèquement de l'Europe. C'est un bel atout stratégique en affaires.

Je voulais parler de l'époque où vous étiez coureur automobile. Est-ce un loisir dangereux ?
C'est très dangereux. J'ai cessé il y a maintenant six ans. Il n'y a rien comme de filer à plus de 240 km/h dans un de ces bolides construits dans les années soixante ! C'est extrêmement agréable, mais à un certain moment, on comprend qu'il faut arrêter pendant qu'on est en avant.

Y a-t-il quelque chose provenant de cette expérience ou de cette poussée d'adrénaline que vous pouvez relier à votre style en affaires ?
Piloter une voiture de course de cette époque fait appel à l'intellect pour maintenir l'équilibre entre le courage et la capacité de la machine. C'est comme la concurrence en affaires. Il faut courir assez de risques pour obtenir des résultats, sans toutefois mettre l'entreprise en péril.

Pour remercier Monsieur Duchesne de sa participation, un don a été fait en son nom au Cyclo-défi 2010 contre le cancer. Il porte ici des vêtements sur mesure de Nello Sansone. Son conseiller vestimentaire est Tony Attanasio de notre magasin de la rue Bloor à Toronto.
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