
Matthew Corrin est le fondateur et chef de la direction de Freshii Inc, une société fermée œuvrant dans le secteur de la restauration en Amérique du Nord...
En 2008, Freshii a été classée parmi les 25 entreprises canadiennes ayant connu la croissance la plus rapide par le magazine Profit. De plus, monsieur Corrin a été désigné finaliste au titre d’Entrepreneur de l’année du Canada d’Ernst & Young parmi les jeunes entrepreneurs et finaliste du prix « 30 Under 30 » décerné par le magazine Restaurant Hospitality.
Monsieur Corrin a pris le temps de nous confier ce qu’il pense de la prise de décision rapide, de la redésignation d’une marque et de son obsession pour le bleu marine.
Sur les premiers jours…
J’ai commencé dans l’industrie de la mode, aux relations publiques et à la commercialisation d’Oscar de la Renta. Lors de mon premier jour de travail, je me suis retrouvé dans une salle avec une mondaine de New York – et elle s’est déshabillée. Nous étions seuls dans la pièce et elle m’a dit : « Pouvez-vous m’aider avec cette robe ? » Elle devait assister à un quelconque événement à je ne sais plus trop quel musée. Comparativement, lors de mon premier jour à Lettuce, nous en sommes venus à manquer d’avocats, à manquer de monnaie dans la caisse et à manquer de laitue. Deux expériences fort différentes !
Sur la vie en bleu…
J’ai commencé à porter des chaussures noires cet hiver. C’était une première. Normalement, je n’aime pas le noir. En ce moment, je suis obsédé par le bleu marine. Je me sens bien quand je porte du marine. J’aime les vestons sport marine, les polos marine, les jeans marine. C’est devenu un gag récurrent – le marine réapparaît toujours autour de moi. Ma femme et moi avons récemment acheté un divan que nous croyions noir. Une fois rendu dans la lumière de la maison, nous avons constaté qu’il était marine.
Sur la rapidité de réaction…
J’ai toujours eu l’esprit vif. Ces derniers temps, je me concentre sur le fait que je dois réagir rapidement. Je dois voir à ce que l’entreprise soit de la bonne taille, faire des ajustements de personnel, réduire les frais généraux et modifier le menu pour m’assurer que notre clientèle ait l’impression de profiter d’un excellent rapport qualité-prix. C’est difficile d’être obligé de congédier une personne ou de lui demander d’accomplir une tâche différente. Mais il faut avoir une vue d’ensemble et mettre les choses dans leur contexte. Les décisions à court terme prises rapidement sont celles qui assurent le succès à long terme de l’entreprise. Il n’y a pas de place pour l’immobilisme, il faut constamment mettre à exécution si l’on souhaite obtenir des résultats.
Sur le bon côté des choses…
Chaque jour en feuilletant le Globe & Mail, on apprend que Starbucks a fermé 600 autres restaurants, que Nike a licencié 10 000 personnes et qu’une autre entreprise se place sous la protection de la loi sur les faillites. Je crois que les membres de mon personnel comprennent que nous sommes dans un monde où seuls les plus forts survivront. Ils comprennent que je dois prendre rapidement des décisions qui sont difficiles. Hier, justement, j’ai eu une réunion avec les cadres supérieurs et tous avaient une attitude très positive. En ce moment, le moral est très bon. Ceux qui sont encore chez nous le sont pour une bonne raison. La culture d’entreprise s’établit avec encore plus de force et de rigueur parce que les gens se rendent compte que s’ils ont encore leur emploi, cela témoigne de leur savoir-faire et de leur capacité.
Sur le nouveau chapitre…
Au début, nous étions « Lettuce », l’endroit où l’on sert des salades. Nous avons eu beaucoup de succès à notre restaurant du TD Centre. Mais quand nous avons tenté d’améliorer le menu, nous avons constaté que notre nom agissait un peu comme une barrière psychologique. Les gens ne voulaient pas acheter du gruau ou un sandwich roulé à un endroit qui s’appelait « Lettuce ». Pourtant, je n’ai jamais cru que nous devions être un lieu où l’on vend uniquement de la salade – personne ne veut manger de la salade tous les jours. Le menu doit évoluer et notre solution a été de redésigner la marque. Nous avons récemment lancé la chaîne aux États-Unis sous le nom de Freshii. Nous n’avons pas tardé à voir les avantages à être plus qu’un « endroit où l’on sert des salades ». D’ailleurs, à ces nouveaux établissements, nous vendons beaucoup plus de bols de riz et de sandwichs roulés que de salades. La redésignation de la marque au Canada aura lieu dans environ 30 jours.
Sur les premières impressions…
Je crois en l’importance des vêtements. En apparence, les premières impressions sont cruciales, n’est-ce pas ? La première impression que vous avez quand vous entrez dans un restaurant. La première impression que vous avez quand vous serrez la main du fondateur. Lorsqu’on entre dans une pièce et que l’on paraît bien, on a une longueur d’avance aux yeux des autres. Quand on est vêtu comme tout le monde, on est au même niveau que tout le monde. On peut faire des efforts pour s’élever, mais ils devront être soutenus.
Pour remercier Monsieur Corrin de sa participation à cette publicité, un don a été fait en son nom à l’organisme Heifer International. Il porte ici des vêtements signés Etro. Son conseiller vestimentaire est Scott Rivard de notre magasin de la rue Bloor à Toronto.
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